Un héritage familial : mon grand-père maternel, mon père et moi

Petite-fille et fille de joailliers, j’ai grandi entourée de laminoirs, chalumeaux, triboulets et autres outils curieux propres au métier de joaillier. Mes plus vieux souvenirs d’enfance sont ceux de mon père travaillant à son établis et moi, assise à ses côtés, admirant son travail de précision. 

Mon grand-père était polonais et, au lendemain de la seconde guerre mondiale, s’est installé dans le Nord de l’Angleterre. Horloger-bijoutier, il tenait son propre magasin dans un petit village non loin de Liverpool. C’est donc là que ma mère a passé son enfance. Plus tard, elle rencontra mon père en France qui ainsi, pu se familiariser au métier de joaillier. Il en fera la carrière de sa vie pendant près de 38 ans. A la retraite depuis 3 ans, c’est donc lui qui m’a transmis son savoir. 

Mon grand-père, Jozef Tarnowiecki, devant sa boutique dans les années 60, dans la ville de Colne au Royaume-Uni. Polonais d'origine, il s'est rendu en Angleterre après la seconde guerre mondiale.
Mon grand-père, polonais de naissance, a ouvert une boutique à Colne, au Royaume-Uni.
Mon grand-père, Jozef Tarnowiecki, travaillant à son établi dans les années 40. Horloger, autodidacte il est également devenu joaillier par la suite.
Mon grand père dans les années 50.
Mon grand-père, Jozef Tarnowiecki, travaillant à son établi dans les années 80. Horloger, autodidacte il est également devenu joaillier par la suite.
Mon grand père dans les années 80.

Le métier de joaillier m’a toujours fasciné. Bonne élève j’ai toutefois été conseillée de suivre la voie universitaire. Diplômée en droit, j’ai travaillé pendant sept ans à la protection de l’environnement. Malgré le grand intérêt que j’avais pour ce métier, j’ai toujours aspiré à exercer un travail manuel et créatif. La couture, la poterie, la restauration de meubles, la peinture sont des activités que j’ai toujours aimées pratiquer.

Mon père étant joaillier, je me suis essayée à la joaillerie pour la première fois en 2016 mais il était encore trop tôt pour me lancer dans un processus de reconversion. C’est en 2021, au cours d’un deuxième stage prolongé, que j’ai décidé de faire de la joaillerie mon métier. Il aura fallu presque deux années pour mettre ma formation en place. 

Mon père, Patrice Sanfourche, travaillant à son établi dans les années 90.
Mon père, travaillant à l'établi dans les années 90.
Mon père, Patrice Sanfourche, travaillant à son établi dans les années 2020
Mon père, travaillant à l'établi, dans les années 2020.

2023 est une année charnière qui a marqué le lancement de ma formation auprès de mon père. J’ai eu la chance de bénéficier d’un enseignement personnalisé et je suis fière de pouvoir pérenniser cet héritage au quotidien. 

En plus de ma formation technique, j’ai tout mis en œuvre pour créer et mettre en place la marque Lilibà en prenant soin de lui apporter ma propre touche de créativité et d’éthique. Depuis, je prends petit à petit mes aises dans le monde de l’artisanat.